19.01.2006

Rencontre au sommet


 


Nous voulions voir des aigles... Nous n'avons en fait qu'entraperçu quelques battements d'ailes, ceux d'un aiglon de plusieurs semaines, niché dans son aire, là-haut dans une anfractuosité de falaise dominant la vallée du Rabioux. Et cela a suffi à notre bonheur.
Après deux ou trois heures de planque à guetter au loin, l'oeil collé sur l'oculaire d'une longue-vue, une éventuelle, une probable silhouette noire virevoltant au dessus de la première ligne de crêtes, il nous a bien fallu nous rendre à l'évidence: le moment était venu de redescendre à Châteauroux-les-Alpes.
En cet après-midi de juin, l'aigle – le couple d'aigles plus précisément – n'était apparemment pas à notre rendez-vous. Mais nous savions pourtant qu'il était "là", quelque part sur son territoire, dans un fugace horizon, ou bien juché sur un promontoire, prêt à fondre sur sa nouvelle proie.
Veut-on voir et observer de près des aigles? Il suffit, nous conseille-t-on, de fréquenter certains zoos ou de visiter telle ou telle volerie où un dresseur d'aigles s'empressera de vous donner la preuve de son savoir-faire.
Christian Couloumy s'abstient de porter le moindre jugement sur ce type d'approche. Quoique... Garde-moniteur au Parc national des Écrins, chef du secteur de l'Embrunais, il est l'un des meilleurs connaisseurs actuels de l'aigle royal. À ce titre, il a droit à la parole quand il s'agit de défendre la cause de ce rapace si longtemps menacé, parfois encore cible de quelques braconniers ou de ces bipèdes sans plumes qu'on appelle «chasseurs»!
Christian n'a rien de l'écolo de service, soucieux de prosélytisme «en vert» et contre tous. Dans les fonctions de gestionnaire de l'espace qui lui ont été confiées comme dans ses nombreuses heures sur le terrain, il respire la même passion pour ce qu'il fait. Vivre et travailler quotidiennement dans un parc tel que celui des Écrins, au coeur de cette région montagneuse protégée des agressions d'une certaine civilisation, c'est pour lui un rêve de jeunesse enfin réalisé. Son secret? Il tient en un mot, deux peut-être: l'étonnement, une perméabilité constante à ce qu'il convient d'appeler – infirmité de notre vocabulaire! - les «merveilles» de la nature. À son contact, surtout si vous avez la chance de pouvoir l'accompagner ne serait-ce que quelques heures dans une opération de repérage ou de contrôle, vous apprenez à faire place à l'émotion dans le vocabulaire de la communication. Les baroudeurs et autres chercheurs de sensations fortes, parfois pétaradantes, ont d'autres espaces pour assouvir leur passion. Ici, place au calme, à la redécouverte des sens, au temps qui passe... Place au respect de la nature.


Fidélité au couple

Quand bien même l'aigle ou le couple d'aigles que vous guettez tarderait à se manifester, continuant sans doute de vaquer à ses occupations sans se soucier pour le moins du monde de répondre à votre attente, Christian Couloumy a le don de vous le rendre étrangement présent.
Vous apprenez ainsi à mieux connaître le caractère et les moeurs de ce seigneur des montagnes. L'aigle royal, puisque c'est de lui qu'il s'agit dans le Parc national des Écrins, vit en couple, selon le "régime" de la monogamie. Son territoire, qu'il défend bec et ongles (ces derniers étant plus exactement appelés «serres») contre tout agresseur, peut atteindre 100 km² de superficie, soit l'équivalent de toute une vallée. Durée de vie de l'aigle royal: environ 25 ans, si son existence n'est évidemment pas contrariée par quelque accident de parcours (lignes électriques haute tension, produits pesticides utilisés en agriculture, méfaits de nos bipèdes sans plumes de tout à l'heure...). Couvaison: une fois par an, de fin-mars à début-mai. Madame Aigle pond un ou deux oeufs, de la taille d'un citron, dans un nid de branchages préexistant et amélioré d'une année sur l'autre.
Âgé de 80 jours, l'aiglon est prêt pour le grand départ: ça passe ou ça casse! Il a eu le temps, il est vrai, d'apprendre à battre des ailes dans son nid. Mais le moment venu, c'est le premier saut dans le vide, sans coup d'essai préalable. Jusqu'en décembre, sans supplément, il aura droit encore à quelques conseils pour améliorer son éducation. Ensuite, à son tour de faire sa vie et de s'émanciper. Il n'a plus qu'à chercher et à conquérir un territoire ainsi qu'une dulcinée avec laquelle il partagera sa vie d'adulte.
Côté intendance, rien de plus simple. L'aigle royal est le seul maître en son domaine. Il a à sa disposition quelques aires où il installe, au gré de l'humeur du moment, sa petite famille. Pour les repas, gare à tout ce qui passe par là, qu'il s'agisse d'animaux rampants ou volants. L'aigle ne chasse pas pour le plaisir, mais par nécessité.
Les atouts majeurs de Monsieur Aigle lorsqu'il entreprend de faire les courses pour le menu du soir: une extraordinaire puissance du regard (huit fois plus perçant que celui de l'homme: l'aigle royal peut repérer une malheureuse marmotte à un kilomètre de distance), une non moins extraordinaire adaptabilité du vol en fonction des circonstances (en vol plané glissé, l'aigle peut fondre à 160 km/h sur sa proie), des serres recourbées et acérées pouvant transpercer le crâne d'un renard.

Attention donc à tout ce qui, de près ou de loin, peut constituer ou améliorer un ordinaire! L'aigle se nourrit de marmottes, de renards, de lapins, d'oiseaux, de chats égarés... De poules aussi, sans doute, mais cela, il ne faut pas le dire! En période d'hiver, il se contente de charogne. Ce n'est pas très noble, mais faute de mieux...
Au recensement de 1996, le Parc national des Écrins abritait 107 aigles royaux pour 173 aires. Détail important, on a dénombré 37 couples, ce qui signifie que le solde pour atteindre le total de 107 est constitué d' "électrons libres". Autrement dit, la monogamie pratiquée officiellement par Monsieur Aigle aurait parfois du plomb dans l'aigle, mis à part tout humour macabre!


«L'aigle seul... contemple le Soleil et la Gloire.»

Cette citation, quelque peu tronquée, de Gérard de Nerval traduit à sa manière la majesté de l'aigle et son pouvoir de séduction. Comment en effet ne pas être intrigué par les performances extraordinaires du souverain des airs?
La puissance de ce rapace a de tout temps donné prise aux plus belles images poétiques. Elle a également servi de symbole à quelques grands de ce monde (Napoléon...), tout comme elle est utilisée comme emblème de certains pays (USA, Allemagne) ou de firmes cultivant une image d'excellence, voire de supériorité (cf. Harley Davidson).

Avec Christian Couloumy, nous restons loin, très loin de telles préoccupations. Pour lui, l'aigle se suffit à lui-même comme étant l'une des plus belles expressions de la vie au sein d'une nature non domestiquée.
Au terme d'un après-midi passé en compagnie de ce garde-moniteur à épier, mais sans résultat, l'apparition du couple d'aigles royaux ayant élu domicile dans la vallée du Rabioux, on pourrait se demander comment il est possible de consacrer autant de temps et d'énergie pour un résultat de prime abord insignifiant. Et Christian de répondre: «Et dire que ça fait plus de vingt ans que ça dure! L'aigle royal me surprendra toujours autant.»
Tandis que nous rejoignions notre point de départ, au creux de la vallée, l'aigle continuait sans doute, tout là-haut, d'inventorier son domaine, superbement indifférent à nos préoccupations de terriens. Mais n'emportait-il pas aussi un peu de nos rêves et de notre imagination?

 

Pour une visite complète du Parc national des Ecrins, cliquer ICI


11.01.2006

Arlette LE MORE : une peinture aux couleurs de la vie




Dans une interview accordée en 1990, Arlette Le More définissait sa vision de l'art. Avec le recul et après relecture attentive de ce texte, il lui a semblé ne rien devoir changer aux réponses qu'elle m'apportait alors.

MC: Arlette Le More, comment êtes-vous née à la peinture?
Arlette Le More: À l'âge de 12-13 ans, j'ai commencé à crayonner sur tout ce qui me tombait sous la main. Même sur les murs de ma chambre, ce qui, évidemment, n'avait pas l'heur de plaire à mes parents! Mais comme ils étaient très attentifs, ils m'ont permis de fréquenter une école de dessin dans le XIIIe arrondissement de Paris. Puis, deux années plus tard, ils m'ont orientée vers la figurine de mode. La peinture? On ne connaissait pas dans la famille. Dessiner? D'accord, mais à condition que ça serve au moins à quelque chose d'utile.
Mon entrée à l'école des Beaux-Arts, en 1951, a bien sûr été déterminante pour moi. J'y ai pratiqué pendant quatre années la sculpture monumentale.
Après une parenthèse de sept ans, pour cause de naissance d'enfants et de départ en province, je me suis tournée vers la peinture. Durant une assez longue période, je n'ai fait qu'engranger, dessiner, étudier l'histoire de l'art contemporain et regarder beaucoup!
C'est alors qu'un premier marchand a remarqué mes toiles. Puis un second� Il y eut ensuite quelques salons. J'avais pris le départ de ce qui allait réellement devenir pour moi une profession.

MC: L'Académie, les Beaux-Arts� Est-ce un canal obligé pour tout artiste qui souhaite percer un jour ou l'autre? Ou bien les autodidactes ont-ils eux aussi leurs chances?
A. Le More: L'école des Beaux-Arts a beaucoup changé, depuis 1951, dans ses concepts et ses visées. Pour ma part, je la défends, car elle dispense une vraie formation. On y apprend le métier. On s'y confronte aux autres ainsi qu'aux thèmes imposés. Elle offre en outre la possibilité d'un certain compagnonnage et la mise à disposition d'un atelier pour travailler.
Pour le reste, à savoir le talent, on le possède ou non. C'est précisément le rôle de l'école ou autres établissements similaires de révéler les ressources de chaque artiste en puissance.
Les autodidactes ne peuvent bénéficier d'un tel privilège et de cette indispensable somme d'informations. D'où les difficultés qu'ils peuvent rencontrer pour évoluer.
Mais ce ne sont là que des généralités et l'histoire de l'art regorge d'exemples contraires.

MC: Si le génie n'a pas - ou si peu - droit à la spontanéité, le Beau ne serait-il donc qu'une valeur consensuelle, voire une convention de langage?
A. Le More: Je le pense en effet. Le beau correspond pour moi à une vision que mon voisin de palier perçoit vraisemblablement d'une tout autre manière.
Où est la laideur? Où est la beauté? Où est le vrai?
Des normes sont certes admises et servent de références. Il ne faut donc pas avoir peur d'un certain académisme, de la "chose" apprise.
C'est une grossière erreur d'imaginer que l'on ne doive faire confiance qu'à l'intuition. Il faut d'abord apprendre à voir, à regarder et à comprendre.
Le plus grand service que l'on puisse rendre à quiconque veut s'orienter vers une technique d'art plastique, c'est en effet de lui apprendre à décortiquer ce qu'il voit, à analyser, à rechercher la synthèse. Cette chimie interne propre à l'artiste est la base d'une véritable culture.

MC: Toute expression artistique s'inscrit-elle dans une histoire? L'artiste se définit-il aussi par rapport aux autres?
A. Le More: Même si l'on peut entretenir des nostalgies ou de l'admiration pour tel ou tel maître à penser, on est toujours tributaire de l'époque dans laquelle on vit. Notre monde est constitué d'idées et d'images que nous partageons tous et dont nous nous imprégnons.
Quant à savoir si je suis libre ou non de m'exprimer comme je l'entends, sans être tributaire du goût du jour, il est évident que, comme tout artiste, je suis écartelée entre ce que je voudrais réaliser et ce que je ne puis réaliser aujourd'hui. La prospective est le propre de l'artiste. Mais aller contre mon gré en empruntant le courant de l'esthétisme du moment, dans le sens du vent? Non! Cent fois non! Suivre la mode n'a, à mes yeux, aucun sens.


MC: Tout artiste souhaite néanmoins, plus ou moins consciemment, inscrire son nom dans l'histoire de l'art�

A. Le More: Tout dépend des ambitions personnelles.
Il me semble en effet que les artistes femmes sont beaucoup moins soucieuses que leurs homologues masculins de la place qu'elles occupent ou qu'elles occuperont dans cette histoire. Les hommes se préoccupent de postérité. Les femmes, beaucoup moins. Du moins est-ce mon point de vue. Il est possible que je me trompe lourdement, car la société évolue. Le monde des artistes aussi.
Je suis pour ma part intéressée par le spectacle de la vie. J'essaie d'y participer avec les moyens qui sont miens. Point final! Je suis totalement accaparée par l'acte de peindre. Le reste m'importe peu.

MC: Dans la grande communauté que forment les artistes, la concurrence ne fait pas de cadeau. Il faut vendre, se placer. Et chacun se retrouve seul.
A. Le More: Bien sûr! Un artiste est plus ou moins armé pour assumer la charge promotionnelle de son talent.
Il se peut qu'il cherche à percevoir tout de suite le fruit de son travail. Pour ce faire, il ira au plus facile et produira ce que le public attend dans l'immédiat. Je pense pourtant que la vocation de l'artiste ne se limite pas à cette immédiateté. Même s'il ne rencontre pas de succès rapide, même s'il ne figure pas au Top 50, un artiste authentique poursuivra sa démarche dans le sens de l'écriture qu'il croit être la sienne, quoi qu'il en coûte.
Il n'en demeure pas moins vrai que la reconnaissance, fût-elle minime, est indispensable au créateur. En réponse à son travail solitaire en atelier, il a besoin d'être écouté, apprécié, aimé et entouré de ses pairs.

MC: Votre peinture est sans nul doute le fruit d'une évolution personnelle. De quelles influences vous réclamez-vous?
A. Le More: Sculpteurs ou peintres, certains professeurs de mes débuts m'ont en effet fortement influencée. Ils gravitaient eux-mêmes dans l'orbite de leurs propres maîtres. Les peintres représentaient pour moi l'évolution et l'aboutissement de l'École française, de la peinture post-cézanienne notamment.
Puis mon cheminement s'est affirmé. Mon style s'est précisé autour de trois dominantes: le thème, la couleur et le rythme.
La couleur, c'est la vie. Le rythme est une pulsion qui vous habite en permanence. Même lorsque je cherche à réaliser des toiles plus sages, plus tranquilles, je suis comme malgré moi emportée par ces deux constantes.
Dois-je reconnaître que je les subis? En tout cas, elles s'imposent à moi au point que leur absence dans une toile me mettrait maintenant mal à l'aise.

MC: Quels sont les événements, les spectacles, les situations dont vous vous inspirez dans votre peinture?
A. Le More: Il m'est tout d'abord facile d'énumérer ce qui ne m'inspire pas directement. Comme tout un chacun, je suis sensible à la beauté d'un coucher de soleil ou d'une montagne enneigée. Mais ces cartes postales ne représentent pas pour moi un sujet de peinture.
De même pour certains thèmes plus intimistes, comme la maternité - et pourtant, je suis mère et grand-mère! - ou les enfants. Sans doute est-ce parce que je respecte trop cette sphère personnelle et qu'il m'est difficile de l'aborder.
Vous constaterez que certaines de mes toiles sont inspirées par des milieux culturels que j'ai pu côtoyer, comme l'Égypte le Maroc ou la Grèce. Mais je n'en fais jamais état en termes de folklore ou de pittoresque. Je préfère les compositions qui, tout en étant tournées vers une certaine mythologie, sont le fruit de mon imagination.

MC: Vous autres, artistes, avez une mécanique intérieure difficile à cerner pour les profanes que nous sommes�
A. Le More: J'ai toujours sur moi des carnets de notes que je crayonne à la moindre occasion. C'est un moyen de m'approprier ce que je vois, observe et ressens.
Un artiste est, par définition, un "voyeur". Il reconstruit en permanence l'univers dans lequel il vit. Il le recrée. La peinture est d'abord un acte "mental".
Plus que des éléments figuratifs, je retiens des impressions de rythmes, d'assemblages et harmonies de couleurs. S'il m'arrive, par exemple, d'introduire, comme cela s'est produit, un drapeau sur une toile, je n'y vois aucunement le symbole d'une idéologie, mais plutôt un prétexte, un motif de coloration, un rassemblement de points forts, une confrontation de tons.


MC: Qu'est-ce que l'inspiration pour un artiste? Comment vous mettez-vous en condition pour peindre?

A. Le More: Je m'installe à mon chevalet comme d'autres se rendent à leur bureau. Il ne faut pas attendre le moment de l'inspiration qui est une notion très romantique, souvent illusoire. Certes, je connais comme tout artiste des périodes plus propices à la création et des "états de grâce" dans l'élaboration d'une toile.
Dans la réalité, certaines échéances sont à respecter: une commande à honorer, un salon qui approche, un marchand qui vient s'approvisionner� Il faut alors livrer dans les délais imposés. C'est le côté contraignant, mais inévitable, de notre métier.

MC: dans la vie courante, le langage est souvent trompeur, imprécis. Ou bien il se dérobe et l'on n'arrive pas expulser de son tréfonds ce que l'on souhaiterait dire. Grâce à son mode particulier d'expression, l'artiste est en somme un privilégié.
A. Le More: Pour sûr! La peinture, au même titre que toute expression artistique, est un immense privilège. Le registre que nous utilisons est illimité, puisque nous passons aisément de l'art conceptuel à l'art hyperréaliste.
La peinture fait appel à des ressorts très simples. Elle est fondée sur une exigence plastique et se complexifie par la suite dès qu'elle se greffe sur la vie. Elle est ainsi porteuse de toute la gamme des émotions auxquelles donne naissance le coeur humain.




MC: Même s'il vous faut vous bagarrer en permanence avec la matière, avec le matériau que vous utilisez?
A. Le More: Il arrive en effet que nous soyons confrontés à des effets proprement insupportables dès qu'ils sont mis à plat, que ce soit dans le format, la dimension ou le rapport entre les tons. Alors, j'abandonne pour un temps la rigidité du projet initial et le résultat est souvent très éloigné de l'intention de départ. Où est dans tout cela la part de la vérité? Et celle du rêve?

MC: Fignolez-vous la définition de vos couleurs?
A. Le More: Peindre un beau vert - ou toute autre couleur -, y revenir sans cesse, le moduler, le reprendre, le vernir pour obtenir le ton idéal� Non! Telle n'est pas ma préoccupation principale.
Pour moi, une couleur n'existe que parce qu'elle est juxtaposée à une autre couleur. Un vert n'a de présence et de réelle consistance que s'il est placé à côté d'un jaune, d'un bleu ou d'un rouge.

MC: Si, en plus de votre palette de peintre, vous disposiez d'un lexique composé de seulement trois mots, lesquels choisiriez-vous?
A. Le More: Sans hésiter: Amour et Joie. C'est le résumé de toute vie. De la mienne pour le moins.

MC: Et le troisième mot?
A. Le More: Peut-être Autonomie� ne serait-ce que pour donner libre cours au dynamisme qui m'anime et dans lequel je me reconnais totalement.

MC: Il se dégage en effet de votre personne un tonus évident�
A. Le More: Certains artistes nourrissent leurs �uvres de toutes leurs angoisses. De fait, le drame et le tourment sont des sources de l'art.
Pour ma part, par tempérament, par bonheur à l'abri de grands bouleversements et gourmande de la vie qu'il me plaît de partager, je suis plutôt gaie. D'aucuns diraient « positive ». Le sérieux n'est pas nécessairement triste!




Cette interview, réalisée pour la revue ACTION sociale et santé, a été reprise dans le livre A. Le More, éditions Le Léopard d'or, 2004, 144 p.

Informations complémentaires : http://perso.wanadoo.fr/prc/les_artistes/cv_artistes/cv_l...